03.11.2008

Autobiographie

Je me souviens de toi que j’appelais Jeanou,

Tu étais tout pour moi, je te racontais tout ;

Chaque soir en rentrant d’une longue  journée

Sur ton papier si blanc, l’encre mauve coulait.

J’en avais tant à dire que j’y passais des heures,

Je te disais le pire et aussi le meilleur.

Et quel bonheur après, se sentir libérée

De tout les maux du jour, de tous les maux d’amour.

Il m’arrivait parfois pourtant d’être infidèle,

Dans des moments d’émoi, des moments parallèles ;

Et c’est à mon carnet que j’allais me confier

Carnet de poésies et de mélancolie.

Là j’écrivais en vers dont je comptais les pieds,

Quand j’étais amoureuse, quand j’étais envahie

De pensées malheureuses, de sentiments trahis ;

Ou bien quand mon esprit, par la nature happée

Avait du vague à l’âme, besoin de s’évader

Au-delà de ces murs, là-bas loin dans les cieux

Par delà les nuages, dans le fond de ses yeux.

Entre toi mon journal que j’appelais Jeanou,

Et toi ma poésie, surtout point de jaloux.

 

Nathalie

Méli-mélo

Un jour, je n’ai plus supporté de porter une montre. Alors je l’ai posée et je me suis sentie libre.

 

Quand j’étais gamine, je faisais un vœu et je grimpais deux à deux  les marches d’un escalier ; si ça tombait juste, mon vœu se réalisait, sinon…

 

J’ai souvent besoin d’être seule et de rêvasser ; je dois faire de la méditation inconsciente ou automatique.

 

J’aime les artistes et les œuvres d’art, mais je n’ai aucune culture artistique.

 

Je m’invente souvent des conversations imaginaires avec des gens qui m’agacent, et au cours desquelles je leur dis ma façon de penser.

 

J’ai du mal à apprécier l’automne pourtant si fort en couleurs et parfois en douceur, car il présage l’arrivée de l’hiver et de mon pire ennemi : le froid.

 

Je voudrais tellement écrire un livre, un vrai, tout entier, tout fini.

 

Au cours de mon enfance, je faisais tant de cauchemars, que j’ai acquis la capacité de prendre conscience pendant mon sommeil que je suis en plein rêve, et de m’auto réveiller immédiatement.

 

Le soir, je m’empêche d’aller vérifier une dernière fois si la porte est bien fermée, en tâchant de me remémorer le moment où je l’ai déjà fait.

 

Je pleure plus facilement de joie ou d’émotion que de peine. La peine reste souvent à l’intérieur.

 

Pour le café, c’est comme pour la montre, du jour au lendemain je n’ai plus pu en boire une goutte.

 

Quand le temps est à la pluie, je ne prends pas mes lunettes de soleil, pensant que c’est justement si je ne les ai pas que le soleil sortira.

 

Je n’aimerais pas avoir un bateau ; au bout d’un moment, j’ai le mal de mer et puis il n’y a pas assez d’espace sur un bateau.

 

Cette année, j’ai vraiment l’intention de me mettre à la peinture.

 

Je ne supporte pas le fanatisme, quel qu’il soit.

 

Je suis encore parfois victime de timidité infantile.

 

J’adore les plantes d’intérieur. Je n’en garde pas une vivante.

 

Je me suis mise au jardinage par nécessité. Pareil pour l’informatique. Je m’occupe de mon jardin avec beaucoup de plaisir et de foi, aucun rapport avec l’informatique si ce n’est que je jardine souvent sur ce foutu ordinateur.

Lire sur la plage reste pour moi le plaisir suprême, comme un point de rencontre de toutes les époques de ma vie, année par année. C’est un plaisir du présent qui rencontre un plaisir passé au goût sucré, et un plaisir futur comme une récompense.

 

Quand je m’endors, j’ai hâte d’être au lendemain pour prendre mon petit déjeuner, c’est mon repas préféré.

 

J’ai une étagère remplie de livres et classeurs de recettes, mais je cuisine toujours à ma sauce.

 

J’ai horreur de la fête des mères, j’appelle ça « la fête des boniches », peut-être à cause des pubs à la télé… Bref, plusieurs hypothèses à cette aversion, mais je joue le jeu pour le plaisir de mes enfants.

 

Je ne trouve pas vexant, ni dérangeant, ni catastrophique d’oublier ou de ne pas souhaiter un anniversaire, une fête. L’important, c’est d’aimer les gens chaque jour et de le leur dire.

 

J’aurais voulu être actrice, mais je n’aurais pas aimé être célèbre. Je déteste les paparazzi.

Déjà le jour de mon mariage, j’étais très gênée de représenter le centre d’intérêt, la cible des photographes.

 

Noël me rend souvent triste à cause de ce que c’est devenu. Tout cet acharnement commercial rend difficile l’accès à la véritable magie de Noël.

 

Nathalie

Alphabet Croisé

Agitation, va et vient, tic-tac, clac, clap, vroum, vroum ... zzZ    

Bruits, broum, tut-tut, tac, depuis quand présent là le Y     

C'... c'est d'avoir cédé :  jamais la tribu n'aurait dû contre ces X  men 

Dévastées les plaines de la réalité ;  élevés  les murs de la fiction en combien de W (watt)? 

Eclairage  rasant, non ; aveuglant, oui, en 1000 V(Volt ) !  

Faillir, faiblir peut-être ; torticolis oblige ; courber la  tête, certainement pas ; fierté oblige (F U)     

Grabuge dans la v ème : chocs, collisions, gun, garbage : tout est anéanTi   

Hoquet de rire qui me prend mais je dois rester stoïque devant too much (excess)  XS     

Impérativement, les plumes dressées comme un guerrieR 

Je dois soutenir du regard  les homes blancs Que

KKkKing kong cocacola, on ne voit que çà sur les édifices publics (les EP)

 

Les trop plein d'images : société saturée  de salissures, de salades débitées sur les façades Oh!   

Manhattan ; équilibre entre ordre et chaos  : un vrai westerN    

Navré, nié ; aucun respect, aucun repos  Même      

Ouh ! Ouh ! la jeune fille assise sur la voie, là, oui, L (Elle)  

Pourquoi se trouve-t-elle là, Et ce navire sur la ...

Rugir comme Tigre Bondissant, venger  ma race exterminée. La lettre "e" se prononce "e" ou "i"?    

Se... et celle-là qui tente de traverser la rue H     

Trop tout tickets taxi titanic et tralala au coin de la G    

Une oeillade à droite est impossible ; toujours ce fichu torticolis ffffffou !   

Vlan ! en v'là un si pressé qu'il s'est refermé la portière sur les  ... Et   

What ? Quelle langue ? Bien plus compliqué à décoder que les nuages de fumées ; nécessité d'utiliser le système D  

X ou  lambda, nous n'existons plus, je n'existe pas  C+ 

Y(Si) difficile à admettre ; seul rescapé dans cette affiche de série B    

Zebra- crossing hyper bondé ! J'en suis réduit à observer un horizon borné. Moi qui n'existe plus, moi qui n'existe pas  :  Tout est à recommencer de Z à A   ...

 

Christel

 

A partir d'une image : Manhattan II de Daniel Authouart